Mercredi 28 octobre 2009
Oh mon dieu ! Un boy's love traduit en français qui essaye d'avoir un scénario allant plus loin que le trio gagnant lycéen rencontre/dispute/lit. Bon, d'accord, ce n'est pas si exceptionnel que cela quand on voit les idées farfelues mais délicieuses de Love Pistol ou les escapades policières de Yellow. Oui, mais ici, on essaye de faire dans l'espionnage et qui n'a jamais rêvé que James Bond soit gay ?
En lieu et place de James Bond, on a plutôt un architecte du nom de Sis Beckett qui se retrouve du jour au lendemain avec le fils adoptif de son frère sur les bras. Quel cadeau. Le petit Kai est plutôt collant et s'infiltre dans le lit de son nouveau papa, tant et si bien que la petite amie de Sis se persuade que son amant est devenu gay. Et on peut dire que son imagination n'était pas si galopante que cela puisque Sis et Kai ne tardent pas à explorer les aspects les plus charnels de leur nouvelle cohabitation. Sauf que Kai n'est peut-être pas celui qu'il semble être, et Sis non plus d'ailleurs...
Graphiquement, ce manga est magnifique. Le trait de SHOOWA est à la fois simple, sur certaines pages proche de l'esquisse brute, mais aussi diablement exploité dans une mise en scène efficace, presque cinématographique dans son découpage. Là où Le syndrome du tournesol s'impose plus difficilement, c'est sur le terrain du scénario. La faute, peut-être, à une traduction parfois maladroite syntaxiquement et/ou trop littérale (on sent que certaines phrases collent plus à la logique japonaise qu'à la logique française...) mais aussi à des idées qui ne peuvent que difficilement être développées en si peu de pages. Avec deux ou trois volumes, ce manga aurait été sans nul doute un excellent boy's love de genre. Là, on se sent rapidement perdu lorsque les révélations arrivent. Les méchants n'ont pas pu être suffisamment développés pour qu'on les craigne réellement et débarquent un peu de la planète Mars. Il y a en fait un peu trop de personnages pour que tous soient introduits dignement et les ellipses naratives s'accumulent. L'imbroglio autour de Sis et Kai est amené peu naturellement et les explications si condensées qu'on a un peu de mal à suivre, à se rappeler qui est qui, ou plutôt qui est réellement qui. Alors, même si au final on comprend tout, on a tout de même l'impression d'un accouchement bien difficile pour y parvenir.
Le syndrome du tournesol reste bien meilleur qu'In The End mais peine à exploiter sa matière jusqu'au fond des choses, ce qui amène une inévitable déception, un sentiment de "peu mieux faire". Néanmoins, SHOOWA semble avoir un réel potentiel. Le talent graphique est là, les idées aussi. Alors laissons lui le bénéfice du doute et peut-être que l'un de ses autres mangas (Papa's Assassin, Nobody Knows ou Non Tea Room) sera plus abouti. Si, du moins, Taifu a dans l'idée de les traduire. Et, si, du moins, ces autres oeuvres ne s'emploient pas à explorer la médiocrité caricaturale d'un bon 80% des boy's love publiés au Japon.

Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Mardi 27 octobre 2009
Note : la couverture sera mise en ligne plus tard. Je n'ai pas gimp pour la redimensionner sur le netbook et il n'y a pas de place pour le scanner sur le canapé ; )

Chiaki Sakaguchi s'ennuie profondément dans la vie malgré son attitude faussement enjouée devant les autres. Il cache aussi un bien délicat secret puisqu'il s'avère être l'amant de son père adoptif. Un jour, il est surpris dans un parc en situation délicate par un autre élève de son lycée, Eiji Yukimura, qui cache lui aussi un terrible secret.

Et voilà le nouveau cru Kawai. Une histoire "dure et réaliste", nous promet Taifu sur la quatrième de couverture. C'est qu'on serait presque dans l'euphémisme si on jugeait ce manga sur ses seules premières pages. Et vas-y que je t'attache et que je te morde, et que je me scarifie les poignets.
Passer de Caffe Latte Rhapsody à Cut, c'est un peu comme découvrir que Freddy Krueger assume le travail du père Noël parti à la retraite pour s'occuper de Mère Noël. On peut dire aussi qu'un manga n'aura jamais aussi bien porté son titre. Mais rassurez-vous, amateurs de romances cotonneuses et vanillées ! L'histoire n'est pas si horrible qu'elle en a l'air au départ et évite de sombrer dans le pessimisme le plus total. On reste chez Tôko Kawai et la lumière n'est jamais très loin. Il y a autre chose que des scènes de sexe chaudes comme l'âtre du Nouvel An et des déversements de liquide... lacrimaux. Et c'est tant mieux, car si le ridicule ne tue pas le lecteur et l'amuse seulement, on évite ainsi de rejoindre la tragédie exagérée et mal écrite qu'est In The End. C'est qu'à presque neuf euros le manga, et sans vouloir retourner dans la plaie la question du prix...
Question dessin, Cut est un peu moins bien exêcuté que les deux précédents Tôko Kawai sortis en France. On peut noter quelques petits soucis de proportion de temps à autre. Il faut dire que, sauf erreur, il est plus ancien aussi. Ceci étant dit, ce ne sera sans doute flagrant que pour un oeil averti et Cut possède quelques très belles scènes. Ce qui choque plus, de temps en temps, c'est le choix de police de caractère fait par Taifu. Celle attribuée aux souvenirs de Yukimura se veut fantaisiste façon conte de fées (vous comprendrez pourquoi en lisant) mais paraît finalement trop lisse, trop carrée, et rappelle un peu trop certaines polices génériques que l'on trouve ici ou là pour totalement soutenir l'ambiance graphique de ces passages. C'est un peu dommage car Tôko Kawai fait un effort certain pour éviter que ces flash back soient trop monotomes dans leur mise en scène. D'un autre côté, le rythme de publication du manga en France n'est pas, à titre de comparaison, celui de la BD, où les différentes polices sont souvent plus travaillées. Et cette remarque concernant Cut est malheureusement valable pour l'ensemble des éditeurs de mangas du marché. Parfois, on devrait se demander ce qui est préférable : avoir une profusion de mangas tous les mois avec souvent un ou plusieurs points faibles dans leur conception (fautes, traduction, police...), ou bien moins de mangas mais un meilleur peaufinage sur chaque titre. Vous me direz aussi que je cherche vraiment la petite bête dès que je le peux et ce n'est pas forcément faux...
Malgré ces chipotages de langue de vipère, Cut est une bonne surprise de fin d'année et mérite l'attention des amateurs du genre. Ce n'est d'ailleurs pas le seul titre d'intérêt chez Taifu, car Après l'orage s'avère aussi un divertissement de très bonne qualité, par contre peut-être plus proche du Jeu du chat et de la souris au niveau du traitement (mais ne vous attendez pas à quelque chose d'identique point par point).
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Dimanche 13 septembre 2009
Un pauvre adolescent, convaincu comme des milliers de ses semblables d'être le garçon le plus malheureux au monde, décide d'entamer une relation avec l'un de ses professeurs, histoire de...

Lire In The End, c'est avoir l'impression de parcourir à la fois l'autobiographie d'un(e) ex-adolescent(e) visualeux(se) en pleine crise et une fanfiction Mary Sue, sauce yaoi, clichée à souhait. Imbuvable et fréquemment à la limite du ridicule même pour quelqu'un qui aurait pris un abonnement à vie avec la dépression.
Le héros, Kaito, passe son temps à se lamenter. A son âge, c'est presque normal. Entre deux tirades sur son dégoût de la vie, il en profite pour balancer de saisissantes reflexions philosophiques sur le sens de l'existence. C'est qu'il a beau être jeune, il a déjà tout compris. D'autant plus qu'il a des tas de raisons de se plaindre, le petiot Kaito, avec un père mécontent pour les mauvaises notes, l'alcool, la drogue, les petits copains peu engageants (bref, le vieux se plaint vraiment pour rien). Non, vraiment, à sa place, on trouverait nous aussi notre vie vraiment trop dure et on se révolterait aussi contre ce lynchage vraiment trop zinjuste... Les quelques éléments pouvant rendre ce parasite égoïste, pardon, ce héros sympathique, comme un soupçon de violence familiale ou d'homophobie, sont quant à eux tellement laissés au bord de la route narrative qu'on ne s'y intéresse pas une seconde et qu'on les oublie sitôt la page tournée.
De son côté, Ren Ando, le charmant professeur qui n'en branle pas une (au travail, évidemment), flaire en trois secondes la souffrance du triste Kaito. Comme par hasard made in Mary Sue, cet ange providentiel décide qu'il a tout compris à sa vie d'un regard et compatit à sa souffrance, au point d'en faire le centre de son univers. Pourquoi ? Comment ? Non mais vous vous en posez des questions inutiles ! On est au boulevard des ellipses narratives, pas chez Shakespeare. Le plus important, c'est qu'une déclaration arrive au bout de cinq pages montre en main (oh), suivie d'une première tentative de sexe sauvage vingt pages plus loin (ah). Autant dire que Madame Ando, elle, n'est pas bien contente et le fait savoir, enfin, essaye car personne ne l'écoute vraiment et on ne sait pas trop ce qu'elle fait non plus, en fait. Kaito, de son côté, fait preuve d'autant de bon sens qu'un poulet américain javélisé et se tape l'incruste chez son nouveau petit ami, histoire d'améliorer les choses dans le bon sens. Autant se mettre une pomme sur la tête et jouer à Guillaume Tell avec son pire ennemi.
Heureusement, notre duo de mangaka (oui, car ils sont deux) sait ménager le suspense. La fin, tragique et épique à souhait, n'était pas du tout attendue et c'est avec un trouble émoi que l'on referme ce manga. Reste une question : comment développer une histoire aussi riche sans pour autant mettre une seule scène de fesses ? Une chose est sûre. C'est un exploit difficile à rééditer.
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Lundi 27 juillet 2009
Yuuya Kishimoto était promis à un brillant avenir de pianiste mais une grave blessure à la main le condamne définitivement à ne plus pouvoir jouer de piano. Un soir, il rencontre Kiriya, qui vient de rompre avec son petit ami et qui manque de se laisser écraser par une voiture. Les deux jeunes hommes sympathisent dans leur désespoir, finissent par passer la nuit ensemble et entament une relation de sex friends. Cependant, Yuuya, qui développe des sentiments plus profonds pour Kiriya, n'a pas été tout à fait honnête sur son identité d'étudiant de 19 ans et Kiriya ne tarde pas à le découvrir... L'amour peut-il se développer sur la base d'un grave mensonge ?

Tôko Kawai délaisse la guimauve de Caffe Latte Rhapsody pour une romance scolaire sur fond d'amour interdit autrement moins lourdingue. Le récit se laisse suivre avec d'autant plus de plaisir qu'il est bien construit, ni trop léger, ni trop dramatique, et qu'il aborde quelques problèmatiques qui sont loin d'être résolues avec facilité et insouciance comme dans d'autres titres qu'on ne citera pas. Sans gâcher certains rebondissements majeurs du manga (dont l'un reste cependant prévisible mais c'est apparemment voulu), ici tout le monde n'est pas en extase devant la relation de nos deux bishônen et leur différence d'âge comme leur situation sociale n'est pas sans poser problème... Si Juste au coin de la rue part donc d'une histoire clichée à souhait, on se rapproche un peu plus de la réalité et on s'éloigne donc du côté surréaliste de certaines romances scolaires d'Asuka, où les héros peuvent quasiment vivre leur relation au grand jour sans trop susciter l'hostilité (alors qu'on sait bien qu'au Japon comme en France...). Le dessin est en plus très agréable, bien que le côté juvénile des deux héros soit parfois un peu trop appuyé, surtout dans le cas de Kiriya. Un manga à acheter pour qui souhaite passer un bon moment... sauf, évidemment, si l'on est totalement réfractaire aux romances lycéennes.
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Vendredi 24 juillet 2009
Il était une fois deux lycéens presque comme les autres : Yuzu était une grande perche dotée d'un coeur fragile et aimant la cuisine, et I-chan, son idôle, son prince charmant, son féroce lion maniant l'arc comme certains la manette de Playstation, était malheureusement plus petit que lui. Drame aux pays des fées.

Oh non, mais que fait la muse de l'originalité ?! Encore un manga boys love avec des lycéens ! Oui mais cette fois, c'est inhabituellement distrayant, on peut même dire une agréable surprise dans l'océan amer de l'ennui. C'est peut-être parce que Yaya Sakuragi n'est pas vraiment le genre de mangaka à s'enfoncer dans un premier degrès à faire trembler des murs de papier. Les personnages sont volontairement caricaturaux et excessifs. La mangaka joue sciemment des clichés shôjo qu'elle insère dans le récit au lieu d'en être la victime naïve. Au final, on obtient un manga amusant qui ne cherche pas sérieusement à faire de situations absolument ridicules des drames insurmontables (les lycéens dans les boys love ont l'art de se noyer dans un verre d'eau vide) et qui est soutenu par un dessin plus qu'agréable. Qui plus est, c'est plutôt bien écrit. Alors, c'est vrai qu'en soit ce n'est pas très original et que ce n'est pas ce qu'on peut trouver de mieux en boys love au Japon mais c'est peut-être le seul titre du genre scolaire sorti récemment chez Asuka qui vaille le coup d'un achat. Et pour une fois qu'on ne nous inflige pas des faux suspens du genre : "oh mon dieu, vont-ils survivre à cette petite dispute au sujet du tricot de la cousine germaine, se séparer, se suicider ?"... A déguster au soleil, avec un cocktail de jus de fruit.
Reste une question récurrente : pourquoi mettre "public averti" (on sait bien que cela signifie "si possible, lisez-le vers 16 ou 18 ans") sur la couverture quand les quelques passages érotiques (il n'y en a en fait que deux où il n'y a même pas l'ombre d'un zigouigoui) n'ont franchement pas de quoi faire se retourner un Mormon dans sa tombe. Bon, si, quand même, mais si c'était entre gens de sexe opposé, on ne songerait pas à mettre cet avertissement, et le lecteur est suffisamment intelligent pour voir à la couverture que c'est gay-ement savoureux. Ceux qui n'aiment pas ça sauront sans abstenir et il faut faire comprendre aux grincheux qu'ils n'ont pas à imposer leur morale aux autres. Cette différence de traitement est particulièrement apparente quand on voit le nombre de mangas jouant vulgairement des rondeurs féminines sans écoper d'un seul petit sigle sur le fait que ça pourrait choquer la jeunesse... Une série TV comme Torchwood, autrement plus sexuellement explicite (parce que prévue pour un public adulte en Angleterre), n'est qu'interdite au moins de 12 ans dans son édition dvd et est diffusée régulièrement sur des chaînes comme NRJ12, Canal Jimmy ou Sci Fi, parfois sans réel avertissement, y compris en plein après-midi. Buffy et Xena étaient diffusées sur M6 et TF1, à des heures de grande écoute. Or, tout le monde sait que ces deux séries ont contribué à l'émergence de héros LGBT dans les séries prévues pour un public principalement hétérosexuel et jeune.
Ne serait-il pas temps d'estimer qu'un manga parlant simplement d'amour, peu importe qu'il soit hétérosexuel ou homosexuel, ne mérite pas ce genre d'avertissement qui ne fait que sous-entendre que l'homosexualité est quelque chose de choquant, de mal ? N'est-ce pas signifier à tous les jeunes qui ont envie de lire ce genre d'histoires qu'ils doivent se cacher honteusement ? Et on se plaint ensuite que les gens ont du mal à se mettre au boys love, qu'ils en ont mauvaise image ?
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Mardi 21 juillet 2009
N'allons pas par quatre chemins : ce Student Affair est une horreur. Ce qui n'est pas vraiment un scoop pour qui aura acheté la version américaine (... But, I'm your teacher) il y a à peu près un an en croyant trouver quelque chose d'aussi distrayant que le sympathique Pure Love.
On a le droit à un premier segment de deux nouvelles sur l'histoire d'amour ô combien originale et passionnante d'un élève légèrement harcelleur et de son professeur qui passe son temps à rougir comme la première des pucelles devant son chevalier. Sauf qu'on est pas dans un roman courtois et que tout se termine très vite en partie de jambes en l'air. Puis s'ensuit une autre nouvelle où, comble de l'originalité, est dépeint une histoire d'amour entre deux élèves ! Le très beau blond prince du lycée et le moins beau blond lycéen insignifiant. Sauf qu'histoire d'ajouter un peu de piquant, ils sont issus d'une sorte de famille recomposée. Scandaaaaaaaaale ! Le prince semble avoir un trouble obsessionnel avec les fleurs qu'il met entre ses dents tandis que le minot font d'amour pour son "frère". Evidemment, tout se termine dans le lit. L'histoire suivante aurait presque pu être passionnante si le héros de 18 ans ne souffrait pas du syndrome moe et si l'intrigue ne consistait pas encore une fois à ce que les héros couchent sauvagement ensemble dans les dernières pages. Oui, bon, stop !
La seule histoire un minimum intrigante du recueil est en fait la dernière. Le reste est si convenu que l'on saute limite de joie sur place de voir mis en scène le couple légèrement desaxé d'un photographe et de son modèle. Sauf que le plus obsédé n'est pas celui que l'on croit et que la fin donnerait presque l'impression d'un Misery sauce yaoi (tout de même largement édulcoré, ne rêvez pas !). Malheureusement, ce n'est pas ce segment qui a bénéficié du plus de pages et l'on reste donc très en surface au niveau psychologique.
Bref, on est vraiment dans le plus que classique. Certains sauront peut-être s'en contenter et, bien sûr, les fans achèteront toujours. Seulement, ce n'est certainement pas avec ça qu'Asuka va conquérir un public plus large en le convaincant que le yaoi a vraiment quelque chose d'intéressant à apporter. C'est tout de même désespérant de voir le niveau de la collection après une première bonne pêche avec Le jeu du chat et de la souris. Allez, un bon point quand même : l'édition d'Asuka est à plus d'un gouffre de cette horreur que nous ont pondu les américains de Kitty Media mais ce n'est pas comme si c'était véritablement un exploit.
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Vendredi 10 juillet 2009
Un joli petit uke nommé Ayase est un jour vendu aux enchères à cause de son cousin et de ses dettes. Quel terrible suspens : va-t-il finir découpé en morceaux pour ses organes ou sur un tournage de snuff movie ? Non ! Grâce à Dieu, il est acheté par le richissime usurier Kanô qui semble le connaître depuis longtemps. Mais parce qu'Ayase ne se souvient pas de lui et ne pense qu'à sauver son cousin, le chevalier décide de le violer de tous les côtés en punition. Il faudrait quand même être moins égoïste avec son sauveur, non d'une pipe ! Pourtant, Kanô réalise la cruauté de ses actes, est gagné par de terribles remords et pense alors que pour se faire aimer d'Ayase ce serait une bonne idée de lui coller une dette et de l'obliger à se prostituer : chaque fois qu'Ayase couchera avec lui, il aura de l'argent en retour. Calcul fait, il lui faudra plus d'une vie et d'un séjour en maison de retraite pour rembourser. Ayase étant ce qu'il est, soit un paquet d'andouilles sur patte, il pardonne très vite à Kanô d'avoir autant de bon sens qu'un homme des cavernes en rut.

No Money ou Okane Ga Nai est issu d'une série de romans et, oui, elles s'y sont mises à deux pour créer "ça". Pour notre plus grande joie, Kaze a aussi décidé d'éditer l'anime a un prix pas du tout abusif. Asuka fut très fier d'annoncer cette nouvelle licence, réclamée par une partie des lecteurs, et peut-être moins quand on voit la bataille sanglante qui s'en est suivie sur leur blog, chacun défendant sa position, soit qu'Okane Ga Nai est excellent manga ou qu'il n'est qu'un shôta déguisé qui n'aurait jamais dû sortir en France. Au moins, on ne pourra pas dire qu'il aura suscité l'indifférence.
Okane Ga Nai fait partie de ces mangas boys love, comme Viewfinder, à réserver à un public adulte prêt à fermer les yeux devant les nombreuses faiblesses du scénario. C'est bien dessiné, enfin, si on veut, mais il ne faut pas chercher une psychologie réaliste, sans quoi l'on aura envie de brûler tout ce qui bouge, à commencer par les auteurs et la maison d'édition. De même, mieux vaut mettre de côté son sens moral et se dire que tout n'est que fiction, que non ce n'est pas grave si le héros passe son temps à se faire plus ou moins violer (plus que moins d'ailleurs). Si vous ne pouvez décemment pas faire ça, que ces histoires romancées de viols et sévices vous horrifient, que vous ne les supportiez déjà pas dans les Harlequins que vous lisiez en cachette, vous savez que ce titre est à éviter.
Si Viewfinder est plutôt orienté action (Yamane Ayano étant lectrice de shônen et de seinen), Okane Ga Nai est lui plus proche de l'esprit shôjo, vous savez, ces shôjo qui vous ont toujours énervé car la pauvre cruche pardonne à son violeur et en redemande presque avant de faire d'un seul coup sa mijorée et de se plaindre de sa cruauté. Ces femmes, elles ne savent jamais ce qu'elles veulent et finalement qu'est-ce qu'un uke basique si ce n'est une femme lunatique avec un pénis ? A cela s'ajoute un ton humoristique, comme si on voulait nous faire avaler de force que ce que subit Ayase est drôle et que Kanô est super sympa comme tortionnaire, alors que soyons honnête cinq minutes : non, ça ne l'est pas !
S'ajoute un design lorgnant sur le moe (non, le moe ce n'est pas que des filles), qui pourra séduire autant qu'il révulsera selon que l'on ait l'impression qu'Ayase est un personnage de shôta travesti en jeune homme de 18 ans ou pas. Tout n'est qu'une question de perspective. Certains le trouveront mignon et d'autres auront envie de lui éclater la tête avec un marteau.
Ce manga devient-il tout de même intéressant par la suite ? Eh bien, déjà faut-il survivre au début du volume 2, ce qui n'a pas été mon cas, ayant eu ma dose de giclées brûlantes de sperme et de coulées de sueur au bout d'un chapitre...
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Lundi 6 juillet 2009
Quand Yuki et Shuichi ont fait ce voyage à New York pour se rendre sur la tombe de l'ancien amant de Yuki, ils ne s'attendaient sûrement pas à se retrouver avec un enfant sur les bras. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit de celui de l'homme que Yuki a tué...

Gravitation EX résume à lui seul la précédente série. Une bonne idée, massacrée par une mangaka voulant créer un fond sérieux à ses héros (histoire de meurtre, de viol et autres conflits amoureux) sans arriver à équilibrer entre drame et humour, le dernier surpassant largement le premier ingrédient mais ceci sans aucun talent. En gros, Gravitation part très vite en freestyle le plus complet et ce nouveau volume concentre tout ce que le manga fait de plus mauvais...
S'il aurait pu être intéressant de découvrir le couple de Yuki et Shuichi sous l'angle de la parentalité (ce qui est relativement original pour un manga du genre), et cela même de façon humoristique, le bambin est vite recallé au rang de vulgaire accessoire et Murakami nous inflige les péripities invraissemblables de ses héros dans un rythme hystérique. Même si l'on aime l'humour non-sens, difficile de ne pas s'ennuyer devant autant de cris, de panda robot volant, de personnages faisant irruption dans une scène sans que la mangaka soigne leur entrée (l'excuse du : "oh, je vous ai pas vu arriver", devient vite lassante) et de tentatives navrantes de pathos avec, monstre d'originalité, une nouvelle dispute du couple phare !
On ne niera pas la qualité du dessin, même si trop de personnages adultes virent à présent dans le style moe, si ce n'est dans le shota. Le problème, c'est qu'il n'y a finalement que cela, le dessin, et il ne faut pas trop s'étonner si Murakami, après un bilan mitigé sur ses autres séries, en est vite revenu à Gravitation. Cadeau pour les fans ou opportunisme ? Qu'importe. Entre-temps, elle n'a pas renouvelé son catalogue de blagues ni comblé ses lacunes. Alors, à force, on grince un peu des dents, surtout que ce volume, finalement, a tout du fanservice comme l'auteur s'arrange pour faire apparaître quasiment tous les personnages de la série et celà même s'ils ne servent à rien. Un moyen de faire oublier la faiblesse du scénario et le recyclage de situations plus ou moins déjà vues dans la précédents volumes ?
Les fans de Gravitation arriveront peut-être à apprécier, les autres peuvent tout à fait ne pas acheter ce Gravitation EX s'ils ont eu du mal à suivre la série jusqu'à la fin ou ne l'ont même jamais lue. Il y a des séries ou des one shot boys love autrement plus inventifs et meilleurs, même en France, même chez Taifu.
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Mardi 23 juin 2009
Ne vous précipitez pas tout de suite dans votre magasin à la lecture de la chronique : Sugar Milk sort en avant-première à la Japan Expo, puis en Septembre dans toutes les bonnes crémeries. Cependant, cette critique a bien été réalisée à partir de la VF des Editions H.

"D'aussi loin que je puisse me souvenir, nous passions tout notre temps ensemble en pensant que c'était normal et que ça durerait toujours... Mais maintenant que nos rapports ont un peu changé, je me demande si je n'ai pas fait quelque chose de mal..."

A travers sept petites histoires composant ce premier manga, Jaryu Dokuro explore différentes facettes du boys love, du simple coup de foudre (What's your name), à la découverte de la sexualité (15 ans), en passant par l'amour interdit (L'odeur après un arc-en-ciel) et les relations épicées entre jeunes adultes (Sugar et Milk).
Sugar Milk
étant une anthologie de ses premières oeuvres, on ne peut pas prétendre que tous les récits atteignent l'excellence ni qu'ils feront forcément l'unanimité chez les lecteurs. On peut noter, notamment, l'aspect un peu confus et inachevé de What's your name. Cependant, le style graphique et narratif de Jaryû est par moment révélateur d'un potentiel certain et à suivre avec intérêt. Les amateurs de longues histoires seront sans doute frustrés, tant certains chapitres sont courts, mais ceux qui apprécient de découvrir quelques instants significatifs et volés de la vie d'inconnus seront sûrement aux anges tant ce manga semble avoir été écrit spécialement pour eux. A ce niveau, En attendant l'hiver (avant-dernière histoire) est particulièrement réussi dans cet exercice difficile. Le héros, un homme plus mature que la moyenne des héros de boys love, est prisonnier de sa fascination amoureuse et le récit baigne dans une profonde mélancolie. Même si tout reste une affaire de goût, il s'agit sans doute de l'histoire la plus aboutie dans sa mise en scène et donc de la plus réussie.
Mais Sugar Milk ne comporte pas que des récits emplis de spleen comme En attendant l'hiver. Les histoires se veulent tantôt légères, comme 15 ans ouvertement inspiré du shôjo manga (et peut-être trop), tantôt douce-amère comme L'odeur après un arc-en-ciel, où un professeur et son élève éprouvent de l'amour l'un pour l'autre mais doivent faire face à une séparation inévitable. Certains ne le trouveront peut-être pas le sexe assez présent. Il est vrai que seules deux nouvelles comportent des scènes véritablement explicites (encore que cela n'est rien comparé à certains standarts du genre). Cela ne signifie pas que Sugar Milk est pour autant dépourvu de sensualité. Si les jeunes adultes mènent leur vie sexuelle à grande vitesse, les adolescents de Jaryu Dokuro commence seulement à explorer leurs désirs, que ce soit par le toucher ou des regards fascinés. On échappe fort heureusement à ce cliché du boys love qui veut que les protagonistes, à la fin d'une histoire, coucheront forcément ensemble. Or, les boys love publiés en France répondant souvent à ces clichés (même s'il ne faut pas généraliser non plus), Sugar Milk apporte une certaine fraicheur.
Niveau édition, on frôle la perfection. Frôler, seulement, car les Editions H ont rencontré quelques soucis sur la correction, en laissant notamment échapper une coquille assez voyante. On ne peut qu'espèrer que cela ne se reproduira pas sur le prochain titre, tant la barre a été placée haut pour le reste. La qualité d'impression est impressionnante, surtout pour un aussi grand format. On aurait pu s'attendre à ce que les pages souffrent du format A5 et ce n'est nullement le cas. La netteté des planches est proche de celle de n'importe quel manga VO et les trames ne présentent aucun des défauts de numérisation que l'on retrouve le plus souvent dans les VF. Oubliez Kami, Panini et d'autres éditeurs qui ne prennent pas ce point au sérieux : on joue dans une toute autre catégorie. Les onomatopées ne sont pas non plus laissées en VO, ni même sous-titrées, elles sont adaptées graphiquement et ceci de telle manière qu'elles s'intègrent parfaitement au dessin. Si cela déplaira peut-être aux puristes, le travail fourni par le lettreur est très propre. Reste un papier fin mais dont la légère transparence ne pose pas problème grâce à la définition des planches, et un prix élevé (11,95 euros) qui s'explique notamment par le faible tirage fait sur ce tout premier manga.
C'est surtout cette question du prix qui pourrait refroidir les lecteurs de boys love, tant on sait que ce point a déjà fait couler beaucoup d'encre virtuelle au sujet d'Asuka et Taifu. Il serait pourtant dommage de ne pas soutenir cette toute nouvelle collection prometteuse, au moins sur ce premier titre. Il faudra voir ensuite si les mangas à venir seront dignes d'intérêt et s'il n'y aura plus de coquilles.
Par Roshieru - Publié dans : Boys love
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Mercredi 17 juin 2009
Les Editions H, plus connues pour éditer la revue manga 10000 images, lancent une nouvelle collection intitulée Double H dans laquelle seront publiés des mangas yaoi. Ce n'est pas réellement une surprise puisque le premier numéro de manga 10000 images était entièrement consacré à ce genre et qu'une annonce en ce sens avait déjà été faite en septembre 2008. Le premier titre annoncé est Sugarmilk de Jaryû Dokuro, issu du catalogue d'un petit éditeur, Tokyo Mangasha, et de son magazine Marble comics. Les amateurs d'imports américains le connaissent peut-être déjà puisque ce manga a été publié chez Juné (DMP) et a aussi connu une édition coréenne.

S'il est proposé en avant-première à la Japan Expo (stand G.I.30), Sugarmilk ne sortira dans les librairies spécialisées qu'à la rentrée. Le descriptif officiel annonce un titre composé de sept histoires décrivant l'amour gay de façon variée et sensuelle. Le manga sera proposé dans un format A5, soit plus grand que la majorité des mangas publiés en français et assez proche du format qu'utilise Juné. Le prix, lui, est annoncé à 11,95 € TTC, ce qui risque de paraître cher à un certain nombre de fans du genre tout autant soucieux de la qualité que de leur porte-monnaie. Toutefois, à l'inverse d'autres éditeurs, les Editions H annoncent une véritable ligne éditoriale en matière de manga boy's love. Le logo clairement engagé arbore le Rainbow Flag et on nous promet des titres moins axés sur la fantaisie des relations amoureuses entre de beaux androgynes et plus sur ce que vit réellement le gay d'aujourd'hui. On peut aussi relever la volonté, en tout cas sur ce premier titre, d'aller prospecter ailleurs que dans les catalogues des grands que sont Libre ou Tokuma Shoten. Si la promesse est tenue, il y a de quoi se réjouir puisque c'est clairement ce qu'il manque à une majorité de boy's love

A noter que Sugarmilk n'est pas l'unique manga que Jaryû Dokuro ait dessiné. Elle a aussi fait Endless World qui a déjà été traduit en coréen. Espérons que cette aura internationale ne soit pas usurpée et que le travail de l'auteur le mérite réellement. sortis en France.
Par Roshieru - Publié dans : Free talk
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Profil

  • : Roshieru
  • quatresaisons
  • : Femme
  • : 28/12/1986
  • : France
  • : Étudiante en M1 de japonais, auteur d'horribles nouvelles boys love, sélectrice de manuscrits bit-lit et pigiste ici et là. Cherche à élever la procrastination en discipline olympique.

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